Moins nomade que le backstrap, le métier à tisser traditionnel à cadre est une pièce maîtresse de l’artisanat textile en Asie du Sud-Est. Utilisé notamment au Myanmar, au Vietnam et au Laos, il permet de tisser des étoffes plus larges, aux motifs souvent complexes et porteurs de sens.
Ce métier se compose d’un cadre en bois rigide où les fils de chaîne sont tendus entre deux rouleaux.
Le tisserand, assis devant le cadre, utilise des lisses pour soulever certains fils de chaîne et créer l’ouverture (la foule).
Une navette transporte la trame à travers cette ouverture, chaque rang étant battu fermement avec un peigne ou battant.
Le système de pédales ou leviers permet de contrôler la combinaison des fils soulevés, ouvrant la voie à des motifs complexes.
Les fils de chaîne sont disposés et séparés grâce à une lisse et un bâton de croix. Le tisserand passe le fil de trame entre les fils de chaîne, souvent à l’aide d’une navette.
Chaque passage est battu avec un peigne en bois pour resserrer les fils. Des motifs complexes peuvent être créés en manipulant les fils de chaîne selon des techniques particulières.
Ces motifs sont réputés parmi les plus difficiles à réaliser en Asie du Sud-Est :
Ils nécessitent un très grand nombre de lisses pour gérer les multiples variations de fils.
Les motifs, souvent géométriques et à étages, sont tissés fil par fil, demandant une concentration extrême et une maîtrise technique exceptionnelle.
Le tissage peut prendre plusieurs semaines pour un seul panneau de tissu, en raison de la densité des dessins et des changements fréquents de configuration.
Chaque motif porte une signification culturelle forte, liée à l’identité Kachin, aux rites et aux statuts sociaux.
Au Vietnam, des minorités ethniques comme les Hmong ou Thaï utilisent ce type de métier pour des étoffes aux motifs floraux ou géométriques très colorés.
Au Laos, les tisserandes exploitent ce métier pour créer des soieries aux dessins bouddhistes ou animistes, rehaussées parfois de fils d’or.
Stabilité et précision : la tension constante des fils permet d’obtenir des tissus de haute qualité.
Complexité artistique : certains motifs, comme ceux des Kachin, nécessitent une planification et une exécution extrêmement complexes.
Transmission culturelle : ces tissus restent des éléments forts d’identité, portés lors des cérémonies et fêtes traditionnelles.