Qui sont les Kachin ?

Le terme Kachin désigne un ensemble de groupes ethno‑linguistiques vivant dans l’État Kachin (nord du Myanmar), ainsi qu’en Yunnan (Chine) et dans certaines zones frontalières de l’Inde. Parmi eux, les groupes Jingpo, Zaiwa, Lashi/Lachik, Rawang et Lisu sont les plus importants.

La population totale est estimée à environ 1,5 million de personnes dans la région.

Culture, croyances et identité

La majorité des Kachin se convertit aujourd’hui au christianisme (entre 65 % et 95 %), malgré la persistance d’éléments animistes et de traditions spirituelles anciennes.

La fête du Manau, célébrée notamment à Myitkyina et Laiza, est un moment central de rassemblement communautaire et de célébration culturelle. Véritable rituel d’unité, elle est marquée par la danse circulaire autour de poteaux décorés symboliques et des chants traditionnels.

Textile et tissage

Le tissage est principalement l’œuvre des femmes Kachin, qui emploient des métiers à ceinture (backstrap) ou des métiers à cadre régulés pour créer des étoffes aux motifs floraux ou géométriques.

Les vêtements traditionnels — tels que le longyi porté par les hommes comme par les femmes — arborent des motifs entrecroisés et colorés, souvent tissés dans du coton local, et rehaussés de détails en argent (pièces, médaillons, perles), notamment pour les femmes Jinghpaw.

Le jacket kopi (eingyi) noir, décoré de médaillons argentés couvrant épaules et poitrine, est emblématique de l’identité vestimentaire Kachin.

Transmission et artisanat moderne

Le tissage traditionnel fait partie intégrante de la vie domestique et cérémonielle. Il est enseigné dès l’adolescence, souvent de mère en fille, dans un cadre familial ou communautaire.

Dans les camps de déplacés (internally displaced persons – IDP), notamment autour de Myitkyina, les femmes se regroupent en ateliers de tissage pour créer des textiles destinés à la vente, générant ainsi des revenus essentiels en période de précarité.

Enjeux contemporains

Le conflit armé dans l’État Kachin a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, remettant en cause l’accès aux matières premières et les réseaux de transmission culturelle.

Malgré les difficultés, le textile reste un vecteur puissant de résilience culturelle. La production artisanale sert aussi parfois de base à des projets d’aide ou de revalorisation locale.

Comment soutenir ces artisanes ?

Cette ethnie confectionne les housses de coussins kachin, les pochettes et autres.