Utilisé par l'Ethnie Shan au Myanmar
L'ikat


Parmi les techniques les plus sophistiquées du monde textile, l’ikat se distingue par sa méthode unique : les motifs sont teints avant même que le tissage ne commence. Présente de l’Asie au Moyen-Orient en passant par l’Amérique latine, cette pratique exige précision, patience et sens artistique.

Principe fondamental

Dans l’ikat, les dessins ne sont pas ajoutés après coup, mais précédemment inscrits dans les fils par un procédé de ligature et de teinture.

Les fils de chaîne, de trame, ou les deux, sont noués, protégés puis teints, de manière à préserver certaines zones de la couleur.
Chaque teinte nécessite un nouage différent, donnant naissance à des motifs complexes.

Sur cette photo, on distingue bien les parties teintes du fil !

Processus de tissage

Planification du motif et ligature des fils selon le dessin.

Teinture successive, chaque couleur impliquant de nouvelles protections.

Tissage sur un métier traditionnel, souvent à cadre fixe, avec un ajustement minutieux des motifs.

Types d’ikat

Ikat de chaîne : les fils de chaîne portent le motif avant le tissage.

Ikat de trame : le dessin se forme au fur et à mesure du passage de la trame.

Double ikat : les deux séries de fils sont teintes, nécessitant une grande précision pour aligner les motifs.

L’ikat au Myanmar

Au Myanmar, particulièrement dans la région du lac Inle, l’ikat est un savoir-faire textile vivant et identitaire.

Les artisans, principalement issus de la communauté Intha, utilisent des métiers traditionnels pour créer des étoffes aux motifs géométriques ou floraux, teintées de rouges, bleus et bruns naturels.

Ces tissus, appelés localement "Acheik", sont réputés pour leurs ondulations caractéristiques et leur finesse.

Le tissage est réalisé au sein d’ateliers familiaux, perpétuant une tradition transmise de génération en génération et associée à des usages culturels et vestimentaires prestigieux.

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Caractéristiques

Effet visuel unique : un flou subtil, signature de l’ikat, dû au léger décalage entre les fils teints et le tissage.

Complexité artisanale : exige une grande maîtrise technique et un sens artistique développé.

Dimension culturelle : les motifs portent des significations symboliques et identitaires.